Module 2 – Reportage 6

Reportage 6: 5000 ou 6000 F par mois.

Il fait bon vivre en Bretagne mais est-ce que c’est facile de gagner sa vie dans une région où 15% de la population active est au chômage? Nous allons poser cette question à Plouër, petit village entre Dinard et Dinan.

Rendons d’abord visite à Monsieur Simon qui est sculpteur-ébéniste.

M. Simon fait partie des 1 million d’artisans. Un artisan ça peut être un électricien, un plombier, un menuisier etc. C’est quelqu’un qui travaille de ses mains dans une entreprise le plus souvent familiale.

Jusqu’à la fin du Moyen-Âge tous les artisans étaient des artistes. D’ailleurs le mot artiste n’existait même pas.

Lorsqu’on visite l’atelier de M. Simon on a un peu l’impression de retrouver cette époque.

(Interview Jean-François SIMON, ébéniste)

BC: – Monsieur!

JFS: – Oui.

BC: – Est-ce que vous pouvez vous présenter?

JFS: – Je m’appelle Jean-François Simon, je suis sculpteur-ébéniste. J’ai 39 ans, j’habite à Plouër,j’ai… donc, je suis marié, j’ai quatre enfants.

B C: – Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail?

JFS: – J’aime le bois. C’est un métier où on touche à l’histoire, histoire de l’art et puis j’aime travailler avec mes mains.


BC: – Vous travaillez seul?

JFS: – Donc à 1’intérieur de l’atelier, je travaille seul, mais pour les grands travaux de restauration de bâtiments et de monuments on travaille donc en équipe avec d’autres artisans.

BC: – Est-ce que vous gagnez bien votre vie?

JFS: – Une fois que toutes mes charges sont payées, je gagne environ cinq ou six milles francs, mais ce n’est pas le premier intérêt du métier.

BC: – Comment voyez vous l’avenir?

JFS: – Je suis assez optimiste comme en ce moment il y a du travail et je touche du bois.

Près de l’atelier de M. Simon se trouve le port de plaisance. Nous allons maintenant descendre sur les bords de la Rance pour une autre visite.

Quand on ne trouve pas de travail chez un patron, on peut essayer de devenir soi-même patron, de créer une entreprise

C’est aussi ce que M. Alain Hugues a fait.

(Interview Alain HUGUES)

AH: – Je m’appelle Alain Hugues. ]’ai 45 ans. Je vis maritalement. J’ai une petite fille de six ans et je suis le patron de cette petite entreprise qui est un chantier naval

BC: – Qu’est-ce que vous faites dans ce chantier naval?

AH: – Nous entretenons les bateaux de plaisance. Nous les réparons et nous en construisons également. Vous voyez ici un petit bateau que nous avons construit.

BC: – Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail?

AH: – C’est d’être responsable et puis j’ai toujours aimé les bateaux.

BC: – Vous avez combien d’employés?


AH : – J’ai trois employés en permanence, parfois plus, s’il y a plus de travail, suivant les saisons j’emploie un intérimaire.

BC : – Vous gagnez bien votre vie ?

AH : – Cette entreprise n’a que deux ans et c’est difficile de commencer, mais environ 10.000 francs. Une fois remboursées les dettes, il m’en reste à peu près la moitié.

BC : – Comment voyez-vous l’avenir ?

AH : – C’est un secteur fragile, mais pour l’instant nous avons du travail et je suis optimiste.

BC : – Merci.

Pour créer des emplois, l’Etat aide les petites entreprises, comme celle-ci, à démarrer. Mais ensuite elles ont souvent du mal à survivre, car en France les charges patronales sur le salaire des employés restent très lourdes.

(Interview Eric DUCOLLET)

ED : – Je m’appelle Eric Ducollet. Je travaille au chantier d’Estuaire Marine comme mécanicien. J’ai 28 ans. J’ai trois enfants et je vis en concubinage.

BC : – Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

ED : – Alors, j’ai déjà une grande passion pour la marine, pour tout ce qui concerne les bateaux. Le site est magnifique, l’endroit quoi et puis aussi le plaisir de travailler avec les copains.

BC: Vous gagnez combien par mois ?

ED : – Environ 6.000 francs selon le nombre d’heures travaillées.

BC : – Est-ce que vous êtes syndiqué ?

ED : – Non. Non, non dans les petites entreprises en France on n’a pas de syndicat on voit directement avec l’employeur quoi.

BC : – Et le futur ?


ED: – Alors le futur, et ben j’espère que la société va continuer à bien marcher, et puis, eh ben d’y faire carrière parce qu’en France il y a énormément de chômage et puis c’est dur d’avoir du travail quoi.

BC: – Merci.

ED: – Je vous en prie.

En France, le salaire minimum qu’on appelle le SMIC est de 5000 F net par mois. Oui, lorsqu’on parle des salaires en France, on parle toujours du salaire net, c’est-à-dire du salaire qui reste quand on a payé les cotisations de la sécurité sociale.

Entre 5000 et 6000 francs nets par mois c’est ce que gagnent environ la moitié des Français.

 

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